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Disparition de Sir (T.K.V. Desikachar)

Desikachar_1938_2016

 

Chers Amis,

Aujourd’hui 8 août 2016, une étoile s’en est allée, un grand maître Yogi.

T.K.V. Desikachar, fils et élève de T. Krishnamacharya, a illuminé notre monde en apportant une vision thérapeutique et adaptée du yoga. Il était également profondément convaincu de l’apport du chant védique pour nous aider à surmonter les épreuves de notre époque.

Le maître a quitté son corps laissant derrière lui  une empreinte reconnaissable par tous, une sagesse yogique transmise à de si nombreux élèves qui, devenus professeurs, l’ont transmise à leur tour à leurs propres élèves.

Puissent sa sagesse continuer à rayonner durant de nombreuses années et être un modèle pour nous guider sur notre propre chemin.

Ressources:

Invocations (tradition Krishnamacharya)

|| prārthanā ślokam ||

 

śu̍klā̍ṁba̍radha̍raṁ vi̱ṣṇuṁ śa̍śi̍va̍rṇaṁ ca̍turbhu̱ja̱m |

pra̍sa̍nna̍vada̍naṁ dhyā̱yet sa̍rva̍ vi̍ghnopa̍śānta̱ye̱||

We have to meditate (dhyāyet) on the all-pervading force (viṣṇuṁ) who wears white (śuklā) clothes (aṁbara + dhara), has the color (varṇaṁ) of the Moon (śaśi), has four (catuḥ) arms (bhujam), a bright (prasanna) face (vadanaṁ), and who reduces (upaśāntaye) all (sarva) obstacles (vighna).

Nous devons méditer (dhyāyet) sur la force supérieure qui est partout présente (viṣṇuṁ), qui est revêtue (aṁbara + dhara) de blanc (śuklā), a la couleur (varṇaṁ) de la Lune (śaśi), a quatre (catuḥ) bras (bhujam), un visage (vadanaṁ) lumineux (prasanna) et détruit (upaśāntaye) tous (sarva) les obstacles (vighna).

ya̍sya̍ dvi̍rada̍vaktrā̱dyāḥ pā̍ri̍ṣa̍dyāḥ pa̍raśśa̱ta̱m|

vi̍ghna̍ṁ ni̍ghnanti̍ sata̱taṁ vi̍śva̍kse̍naṁ ta̍māśra̱ye̱||

We take refuge (āśraye) in viśvaksenaṁ, the One having an elephant face (vaktrādyāḥ), with two (dvi) tusks (rada), surrounding (pāriṣadyāḥ) by hundreds of disciples (paraśśatam), the One who always (satataṁ) destroys (nighnanti) obstacles (vighnaṁ).

Nous prenons refuge (āśraye) auprès de viśvaksenaṁ, Celui qui a une tête d’éléphant (vaktrādyāḥ) à deux (dvi) défenses (rada), qui est entouré (pāriṣadyāḥ) de centaines de disciples (paraśśatam), Celui qui détruit (nighnanti) toujours (satataṁ) tous les obstacles (vighnaṁ).

jñā̍nā̍na̍ndama̍yaṁ de̱vaṁ ni̍rma̍la̍ sphaṭi̍kākṛ̱tim|

ā̍dhā̍ra̍ṁ sarva̍ vidyā̱nāṁ ha̍ya̍grī̍vamu̍pāsma̱he̱||

We meditate (upāsmahe) on hayagrīva, the One who has a horse (haya) face (grīva), who is full of knowledge (jñānā) and full of continuous joy (ānanda), who is an all-pervading force (mayaṁ), who is without (nir) impurities (mala), with a body (ākṛtim) like a crystal (sphaṭika), and who is Source (ādhāraṁ) of all (sarva) knowledge (vidyānaṁ).

Nous méditons (upāsmahe) sur hayagrīva, Celui qui a une tête (grīva) de cheval (haya), qui est plein de connaissance (jñānā) et de joie éternelle (ānanda), Celui qui est présent en toute chose (mayaṁ), qui est sans (nir) impureté (mala), a un corps (ākṛtim) comme le cristal (sphaṭika) et qui est Source (ādhāraṁ) de toute (sarva) connaissance (vidyānaṁ).

pu̍ṇḍa̍rī̍kāsa̍nāsī̱naṁ pā̍ṇḍu̍rā̍bhrendu̍sanni̱bha̱m|

a̍kha̍ṇḍa̍ bodha̍ jana̱kaṁ ha̍ya̍grī̍vamu̍pāsma̱he̱ ||

We meditate (upāsmahe) on the horse faced One (hayagrīva) who is sitting (āsanā + āsīnaṁ) on a lotus flower (puṇḍarīkā), who is white (pāṇḍuḥ) in color, full covered (ābhra) and continuously shining like the Moon (indu), who is unlimited (akhaṇḍa), and from whom all knowledge (bodha) is generated (janakaṁ).

Nous méditons sur Celui qui a une tête de cheval (hayagrīva), qui est assis (āsanā + āsīnaṁ) sur une fleur de lotus (puṇḍarīkā), qui est de couleur blanche (pāṇḍuḥ), complètement recouvert et rayonnant sans discontinuer (sannibham) telle la Lune (indu), Celui qui est sans limite (akhaṇḍa), et de qui toute connaissance (bodha) est générée (janakaṁ).

gu̍ru̍bhya̍stadgu̍rubhya̱śca na̍mo̍ vā̍kama̍dhīma̱he̱ |

vṛ̍ṇī̍ma̍he ca̍ tatrā̱dyau da̍ṁpa̍tī̍ jaga̍tāṁpa̱tī̱||

We salute (namo), surrender to (adhīmahe), and praise (vṛṇīmahe) our teachers (gurubhya) and (ca) their (tad) teachers (gurubhya), and as well the first (tatra + ādyau) teacher with his consort, who is couple, ruler (daṁpatī) of the world (jagatāṁ).

Nous saluons (namo), nous soumettons (adhīmahe) et nous prions (vṛṇīmahe) nos professeurs (gurubhya), (ca) leurs (tad) professeurs (gurubhya), et ainsi que le premier (tatra + ādyau) professeur et son épouse, le couple souverain (daṁpatī) du monde (jagatāṁ).


 

|| guru dhyānam ||

 

śrī̍ kṛṣṇavāgīśa̍ ya̱tiśva̱rā̱bhyām |

sa̍ṁprā̍pta cakrāṅkaṇa bhā̱ṣya sāra̱m||

śrī̍ nū̍tnaraṅgendra̍ ya̱tau sa̱ma̱rpita̱svam |

śrī̍ kṛ̍ṣṇa̍mā̍ryaṁ guruvarya̍mīḍe̱|

We salute (guruvaryamīḍe) respectfully śrī krishnamacharya’s teachers (guru): śrī kṛṣṇa brahmantra parakāla svāmi from whom he was initiated in the vaisnavite tradition – whose symbols are the wheel (cakrā) and the conch shell (kaṇa) – śrī vāgīśa brahmantra parakāla svāmi, from whom he received the essence (sāram) of the commentaries [of the vedānta] (bhāṣya), and śrī raṅgendra brahmantra parakāla svāmi, the latter (nūtna) from whom he was introduced to the art of how (yatau) to surrender to the Highest Force (samarpitasvam).

Nous saluons (varyamīḍe) les professeurs (guru) de śrī krishnamacharya : śrī kṛṣṇa brahmantra parakāla svāmi, de qui il reçut son initiation dans la tradition visnouite (dont les symboles sont la roue (cakrā), et la conque (kaṇa)), śrī vāgīśa brahmantra parakāla svāmi, de qui il reçut l’essence (sāram) des commentaires (bhāṣya) [du vedānta], śrī raṅgendra brahmantra parakāla svāmi, par qui il fut initié à l’art de s’en remettre à la Force Supérieure (samarpitasvam).

vi̱ro̍dhe kārti̍ke mā̱se śa̍ta̍tā̍rā kṛ̍toda̱ya̱m|

yo̍gā̍cāryaṁ kṛṣṇa̍mā̱ryaṁ gu̍ru̍va̍ryama̍haṁ bha̱je̱ ||

We salute humbly śrī krishnamacarya, born in the year virodhe (1888), Durant the kartike month (15 November to 15 December), under the śatabhiṣak (the « hundred healers » or śatatārāka) star; Master (ācāryaṁ) in the science of Yoga, attracting (kṛṣṇa) people to him [by his knowledge], very learned (varyam), master (guru).

Nous saluons humblement śrī krishnamacharya, né l’an virodhe (1888), durant le mois kartike (du 15 novembre au 15 décembre), sous l’étoile śatabhiṣak (les « cent guérisseurs » or śatatārāka), Maître (ācāryaṁ) dans la science du Yoga, attirant (kṛṣṇa) les hommes à lui [par sa connaisance], lettré (varyam), maître (guru).

 

śrī gu̱ru̱bhyo na̱ma̱ḥ̱||

Salutation (namaḥ) and surrender to the guru-s!

Salutation (namaḥ) et abandon aux guru-s !

 


prarthana_slokam_2016

Métriques

Récitation chantée : introduction

Psalmodier (récitation chantée, cantilation personnelle, chanting) n’est pas chanter (singing). Tous les chants utilisent des mélodies, ils se rapprochent donc plus de la musique ; quant à la récitation chantée : pas toujours. Souvent le ton est quasi-monocorde (ekaśruti) avec de faibles variations de hauteur de notes. Ce type de technique est plus adapté au chant dévotionnel, à la litanie, à la psalmodie et peut conduire le mental à un état méditatif.

Le texte versifié utilise des mélodies reflétant des traditions régionales ou de lignée de professeurs. Ainsi les mélodies sont transmises suivant la tradition orale, à l’époque, au sein d’ashrams (āśrama-s) et ou durant le « gurukulam ». La mélodie d’un même chant, voire la recension, peut-être différente d’une région à l’autre de l’Inde, d’un ashram à l’autre. Par exemple la tradition suivie par śrī Krishnamacharya suit la recension (ou style) dite « drāviḍa pāthaḥ » (tamil, typique de la région du Kerala).

La mélodie est une combinaison d’éléments musicaux tels la hauteur de chant, les notes, la cadence, le rythme, la vitesse, les pauses entre les vers.

Tous les textes sanskrits ne sont pas écrits en vers. On parle alors de textes en prose. Tous les types d’expression orale sont appelés « ukti ». La composition poétique est appelée uktikāvya, « kavi » signifiant le sage-poète.

Kāvya est de deux types

  1. Dṛśyakāvya, qui peut être vu telles les performances théâtrales
  2. Śravyakāvya, qui ne peut être qu’entendu ou chanté

Une partie de la beauté des poèmes (alaṅkāraśāstra – poésie ou Science de la Beauté) est issue figures de style jouant les suggestions induites (dhvaniḥ), les jeux de mots (śleṣa), la place des mots, le sens des mots, les sonorités des mots : par exemples, les métaphores (rūpaka), les comparaisons (upamā), les hyperboles (atiśayokti), les allitérations, les assonances, consonances, les rythmes. Ainsi souvent un poème, un hymne, etc. peut être compris à plusieurs niveaux.

Svādhyāya initialement signifiait le fait de répéter un texte, un chant dans le but de le mémoriser. Il a pris ensuite le sens d’étude de Soi.

Prosodie

La prosodie ou les métriques définissent le type de versification utilisé dans un texte, mais ne donnent aucune autre règle sur la manière de chanter ce texte. Ainsi d’un récitant à l’autre, le rendu mélodique sera différent.

Deux types de performances mélodiques sont connus en occident :

  1. Le kirtan (kīrtanam), avec le sens de prière, célébration par le chant et la narration souvent accompagnés d’un instrument de musique (cymbale, sitar, tambour…). Le groupe répond souvent au chanteur principal.
  2. Le bhajan, le chant dévotionnel.

Prose (gadya « ce qui est parlé ») est utilisé pour l’essentiel des veda-s (mantra-s sur la Paix—daśa śāntāḥ, etc.), les sūtra-s (perles de connaissance enfilées sur le fil du mental du récitant).

La science des mètres, la métrique ou la prosodie est l’ensemble des règles de construction des vers. Elle a pour unité de base le vers (chandas). C’est une des six branches auxiliaires des études védiques (vedāṅga). Chaque vers doit contenir un nombre donné de syllabes ou de mesures (mātrā-s).

Les sages-poètes du Ṛg Veda composèrent des hymnes en vers appelés sūktam. Les veda-s sont traditionnellement considérés comme n’ayant pas été composés de la main de l’homme : ils sont « apauruṣeya ». Les textes védiques sont classifiés comme « śruti » [ce qui est entendu], par opposition au kāvya, littérature composée par des poètes humains.

Chandas

Les chandas sont considérés comme étant les pieds des veda-s [chandaḥ pādau tu vedasya]. De la même manière qu’il est impossible de marcher correctement sans ses pieds, les veda-s ne peuvent pas être récités correctement sans la connaissance précise des chandas qui leur donne leur énergie et leur vie. Aussi Chandas désignent parfois directement les Veda-s.

Unité de base, la quantité syllabique : la syllabe légère (− laghu) ou lourde (⌣guru).

  • Syllabe légère (laghu akṣara) : se termine par une voyelle brève (a i u ṛ)
  • Syllabe lourde (guru akṣara) : toutes les autres (voyelles longues, consonnes, mais aussi les voyelles brèves suivi d’une consonne et anusvāra, visarga qui les rendent longues par la prosodie : « caṁ », « cat », « cā », « can[dra] », « caḥ » est guru)
  • La dernière voyelle d’un vers est soit longue soit courte suivant la métrique utilisée (« ca | » est guru ou laghu).

Métrique : anuṣṭubh

gururbrahmāgururviṣṇuḥ           gururdevomaheśvaraḥ ।

pāda 1 [⌣− −] [− ⌣ −] [− −]       pāda 2 [⌣− −] [− ⌣ −] [⌣−]

gurureva paraṁ brahma           tasmai śrīgurave namaḥ ॥

pāda 3 [⌣ ⌣ −] [− ⌣ −] [− −]        pāda 4 [− − −] [⌣ ⌣ −] [⌣−]

Structure d’une strophe (vṛtta, ṛc), d’une stance (stanza) en sanskrit

Une strophe (padya) ou une stance est un ensemble de vers constituant une unité et qui représentent une correspondance métrique avec d’autres ensembles de vers. La strophe porte un sens complet. Une strophe classique est composée quatre lignes[1]. Un vers composé de quatre pieds (pāda) est appelé catuṣpādī. C’est le cas de la majorité des vers à l’exception des mètres : gāyatrī (3×8) et uṣṇiḥ (2×8, 12). La ligne est aussi appelée pied (caraṇa). Il faut noter que le pied diffère du « pied » en poésie latine ou grecque (pied de trois syllabes, etc.).

En général,

  • deux demi-vers (hémistiches) forment un vers ou une strophe (padya) ;
  • un demi-vers ou hémistiche est constitué de deux pāda-s ;
  • un pāda est composé de syllabes (akṣara-s) : 5 à > 48.

Règles d’euphonie (sandhi) et pāda :

  1. Premier demi-vers : caraṇa ou pāda1 et 2. Le premier caraṇa subit les règles du sandhi, le second est terminé par un daṇḍa (|).
  2. Second demi-vers : caraṇa ou pāda 3 et 4. Le troisième caraṇa subit les règles du sandhi, le quatrième est terminé par un double daṇḍa (॥).

Famille de vers

Deux types de prosodie, de vers :

  1. vārṇika : syllabique
    1. samavṛtta : les quatre pāda-s sont similaires avec le même nombre de syllabes et les mêmes arrangements légers/lourds
    2. ardhasamavṛtta : deux paires de pāda-s alternés (deux paires et deux impaires).
    3. viṣamavṛtta : tous les pāda-s sont différents.
  2. mātrika : more (nombre de mesures mātrā-s)
    1. Essentiellement viṣamavṛtta

Le nombre de métriques est important (>500). Cependant, les vers sont limités à sept durant la période védique (cf. Table 1). Les textes post védiques sont beaucoup plus riche en terme de métrique. La métrique anuṣṭhub est utilisée majoritairement dans de nombreux textes, comme la Haṭha Yoga Pradīpikā, le Mahābhārata et la Bhagavad Gīta, l’aṣṭāṅgahṛdaya, les stotra-s, les stuti-s, etc.).

[1] Notons que le vers et la stance ont un sens différent en poésie occidentale (voir annexe).

Tableau 1 Classes ou familles de mètres courants durant la période védique.

Famille de mètre

Vārṇika padya

Lignes

Pāda-s

Syllabes

akṣara-s

Pourcentage

triṣṭubh

4 11 11 11 11 43.8 %

gāyatrī

3 8 8 8

25.2 %

jagatī

4

12 12 12 12

13.6 %

anuṣṭubh

4

8 8 8 8

8.8 %

uṣṇiḥ

3

8 8 12

3.5 %

paṅktid

5

8 8 8 8 8

3.2 %

bṛhatī 4

8 8 12 8

1.9 %

 

Les groupes de syllabes : vārṇika gaṇa ou akṣara gaṇa

 

L’unité sonore est la succession de trois syllabes (système trika) : 8 (23) groupes sont donc possibles.

Il faut y ajouter avec les syllabes lourde (ga) et légère (la)[1] pour pouvoir décrire n’importe quelle métrique sanskrite.

myarastajabhnagair lāntair ebhir daśabhir akṣaraiḥ |

smastaṁ vāṅmayaṁ vyāptaṁ trailokyam iva viṣṇunā

vṛttaratnākara[2] KeDV 1.6

Comme viṣṇu est omniprésent dans les trois mondes, le vers est imprégné par ces 10 sons (akṣara), ma-gaṇa, ya-gaṇa, ra-gaṇa, sa-gaṇa, ta-gaṇa, ja-gaṇa, bha-gaṇa, na-gaṇa, ga (guru) et la (laghu).

 

Moyen mnémotechnique dans le système trika : yamātārājabhānasalagāḥ

 

Qualités de la récitation, du récitant

Il y a six catégories de personnes considérées comme « les moins aptes » à réciter les mantra et autres textes védiques. Brièvement :

 

gītī śīghrī śiraḥ-kampī tathā likhita-pāṭhakaḥ |

anarthajñaḥ alpakaṇṭhaśca śadete pāṭhakādhamaḥ ॥

śikṣa  śāṣṭra

L’ācārya explique comme suit chacune des six non-qualités :

1. gītī : celui qui change le ton, qui l’arrange à sa façon, comme s’il s’agissait de rāga ! Le veda doit être récité avec les tonalités requises, et jamais autrement.

2. śīghrī : celui qui ne respecte pas le rythme de la récitation, par exemple qui se précipite à travers l’hymne[3]. Pour obtenir l’entier bénéfice d’un mantra (ou extrait) il faut respecter les durées (mātra) tout au long du chant.

3. śiraḥ-kampī : celui qui secoue la tête en chantant. Il faut un équilibre corporel pour réciter le veda. La vibration des nāḍī doit pouvoir s’exprimer correctement lors de l’intonation. On ne peut pas accepter d’autres vibrations, comme celles qui sont provoquées par le balancement de la tête.

  1. likhita-pāṭhakaḥ : celui qui chante en lisant le texte. La récitation du veda se fait par cœur, sans document écrit (likhita).
  2. anarthajñaḥ: celui qui chante sans connaître le sens de ce qu’il récite.

  3. alpakaṇṭhaśca : et celui qui avec une voix faible.

Tous ceux qui appartiennent à ces catégories sont déclarés « récitants inférieurs » (pāṭhaka-adhamaḥ) parmi ceux qui récitent le veda.

[1] Piṅgala’s chandaśśāstra

[2] «Mine de métrique», ouvrage de combinatoire prosodique, dû à Kedāra_1 Bhaṭṭa (mathématicien du 8ième siècle)

[3] Vitesse de récitation

  • druta : rapide, indistinct
  • madhya : moyen
  • vilambita : lent

 

Publication d’un CD : Chant védique

Vous avez dit chant védique ?

Tradition multimillénaire, le chant védique est une des plus anciennes formes de psalmodie préservée à ce jour. Il puise ses racines dans les Vedas, textes sacrés « rédigés » en sanskrit et transmis oralement de génération en génération.

Quels bénéfices aujourd’hui ? Pour nous occidentaux ?

Sur un plan physiologique : le souffle est le support du chant. Chanter a des répercussions immédiates sur la qualité du souffle et de la respiration ; un premier effet est l’allongement du souffle et de ce fait un apaisement du mental.

Sur un plan énergétique : le fait de prononcer les mots en sanskrit a une action vibratoire profonde au sein de tout notre Être. La sonorité de cette langue particulière, langue révélée, « langue parfaite », induit cela.

Sur un plan émotionnel : entendre le son de sa propre voix révèle notre état intime et profond.

Sur un plan spirituel : chanter, par exemple la gāyatrī (hymne à la lumière), un des mantras les plus connus, permet de devenir soi-même Lumière lorsque nous sommes complètement présents au chant et respectons les règles de chant.

Ainsi le chant védique contribue à harmoniser les différents plans de notre Être en nous ramenant à notre Source.

Support de chant

Projet porté par Hélène Daude, ce CD est un support pour le chant védique avec les enregistrements sonores d’Hélène,  Élisabeth Libraire et Laurent Nadolski. Il comprend des chants ou extraits à une, deux ou trois voix.

Ces chants nous ont été transmis par des professeurs formés dans la lignée de T. Krishnamacharya à Chennai, Tamil Nadu, Inde.

Toute personne intéressée par le chant védique pourra utiliser ce CD comme support pour écouter et apprendre les chants du répertoire védique en complément de ses cours avec son professeur.

Informations pratiques

Prix unitaire : 15 € plus les frais de port 3 €
Plus d’informationvoir la page

Māheśvara sūtrāṇi

nṛtāvasāne naṭarāja rājaḥ nanāda ḍhakkān navapañca vāram |

uddhartu kāmān sanakādi siddhān etat vimarśo śivasūtra jālam ||

— Śabda kaustubha —

1. अ इ उ ण् । a i u ṇ 

2. ऋ ऌ क् । ṛ lṛ

3. ए ओ ङ् । e o ṅ 

4. ऐ औ च् । ai au

5. ह य व र ट् । ha ya va ra

6. ल ण् । la

7. ञ म ङ ण न म् । ña ma ṅa ṇa na m

8. झ भ ञ् । jha bha ñ

9. घ ढ ध ष् । gha ḍha dha

10. ज ब ग ड द श् । ja ba ga ḍa da ś 

11. ख फ छ ठ थ च ट त व् । kha pha cha ṭha tha ca ṭa ta v

12. क प य् । ka pa y

13. श ष स र् । śa ṣa sa

14. ह ल् ॥ ha l

iti māheśvarāṇi sūtrāṇi |